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About – A propos

Je suis anthropologue.

L’anthropologie est une science sociale, une conversation avec le monde (comme dirait Tim Ingold). Elle offre une plus value en s’assoçiant aux statistiques et aux analyses de données : elle permet d’observer les écarts entre les pratiques (de consommation notamment), et les aspirations, les désirs de changement, la manière dont le futur est imaginé. En analysant cet écart, l’anthropologie, par ses méthodes d’enquêtes qualitatives, peut contribuer à l’innovation dans plusieurs secteurs (cinéma, direction artistique, branding, communication, promotion, marketing).

Je suis arrivée à l’anthropologie en licence 3, après avoir avoir obtenu un DUT carrières sociales à Bordeaux. Je n’avais pas prévu de faire de si longues études. Mes parents n’en ont pas fait. Je ne savais pas vraiment quoi faire, et quand je suis entrée en anthropologie, je ne savais pas vers quel métier j’irai, mais j’étais passionnée par la méthodologie d’enquête qualitative propre à l’anthropologie.

Accepter de ne pas tout savoir, se réjouir de se laisser surprendre par ce que l'on observe, assumer que nos jugements sont souvent trompeurs, multiplier les points de vue, comprendre les choix de chacun dans l'empathie : c'est pour moi le cœur de l'anthropologie.

J’ai tellement aimé que je suis allée jusqu’au doctorat, que j’ai obtenu en 2018, en travaillant en tant qu’assistante d’éducation en lycée pro, pour pouvoir financer mes études.

Cette expérience en lycée pro m’a ouvert les yeux et a été déterminante dans mes choix actuels. J’avais obtenu mon bac dans un lycée général en zone rurale. Dans ce lycée professionnel de banlieue bordelaise, j’étais face à des adolescents intelligents, vifs d’esprit, qui n’avaient pas choisi d’être là. Beaucoup avaient des origines africaines, et écoutaient du rap. Et moi, j’étais là parce que j’étais doctorante en anthropologie à l’EHESS, et je travaillais sur le rap au Burkina Faso.

Les élèves qui étaient en face de moi n’étaient pas au courant de l’existence de ce type de cursus, ils n’en revenaient pas. L’éducation nationale leur renvoyait une image de jeunes peu adaptés aux études, à qui on propose donc de vite se former pour aller travailler. J’ai donné plusieurs ateliers, nos échanges m’ont beaucoup nourri, et m’ont donné l’énergie nécessaire pour aller au bout de ma thèse et obtenir mon doctorat, dans une école où j’avais moi-même l’impression de ne pas être à ma place.

Anthropozik est un projet en développement, né de cette frustration liée aux frontières sociales en France. Pour faire de l'anthropologie une discipline accessible, porteuse d'innovation, capable de construire des ponts, de rassembler, d'amener les gens à réfléchir différemment, d'apprendre à observer le monde qui nous entoure. 

L’anthropologie de la musique est un champ de recherche développé, mais peu accessible. De nombreux chercheurs travaillent depuis des décennies sur les pratiques musicales, les parcours des musiciens, les circulations culturelles dans la mondialisation, les esthétiques, les conditions de production, l’organisation économique, les publics. Ces recherches dialoguent très rarement avec les acteurs (producteurs, managers, commissaires d’événements, médias spécialisés, …) qui ignorent la plupart du temps leur existence.

Ajouté à cela, l’anthropologie a une histoire sombre profondément liée à la colonisation, à l’études des « autres », des « peuples » dans des relations de domination. Elle a contribué à hiérarchiser les êtres humains, dont les conséquences sont omniprésentes dans nos sociétés actuelles, que ce soit dans les images crées (dans les médias, la publicité, le cinéma…), dans les perceptions et les imaginaires, mais aussi dans la vie quotidienne : l’accès à l’emploi et au logement, l’accès à des lieux de divertissement, l’augmentation de chances de se faire contrôler.

Le problème n’est pas l’anthropologie en tant que discipline scientifique, mais plutôt le tabou de son héritage colonial, à qui elle s’adresse encore aujourd’hui, à quels enjeux elle répond, et quels objectifs elle poursuit.

Selon moi, c'est aux anthropologues de travailler de manière à sortir d'un entre-soi académique, d'apprendre à se faire comprendre dans la société, et d'y trouver une place. 


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